Il y a, dans les plats transmis de génération en génération, quelque chose qui dépasse la simple satisfaction de la faim. La nourriture traditionnelle porte des gestes anciens, des savoir-faire précis, et une vision du monde façonnée par le temps, la terre et les saisons. Chaque recette est une archive vivante, un fragment de mémoire que l’on perpétue en la cuisinant.

À travers elle, on apprend les histoires des ancêtres, les proverbes, les manières de célébrer ou de consoler. Dans certaines familles, préparer un plat ne se fait pas seul : c’est un moment de partage où les mains expérimentées guident celles qui apprennent. Et dans ces échanges, bien plus que des techniques se transmettent : c’est une identité, un sentiment d’appartenance.

Pour les diasporas, ces plats prennent une dimension encore plus forte. Ils deviennent un lien concret avec la terre d’origine, une façon de ramener le pays “à la maison” par les sens. Un simple parfum peut alors faire surgir des souvenirs enfouis et tisser un pont invisible entre ici et là-bas.

A propos de Funni :

Avec la volonté de mettre l’Afrique à l’honneur et de redonner leur place aux céréales africaines – souvent plus nourrissantes et plus durables que celles que nous consommons au quotidien – deux jeunes béninois, Luka NOUDJINLODO et Jeffrey LAWSON, ont fondé Funni. Pour eux, “bien manger” n’est pas seulement une question de gourmandise, mais un acte qui relie santé, mémoire et identité.

Funni, c’est à la fois une entreprise de production et une plateforme de valorisation culturelle.

En plus de développer une gamme de produits issus de ces céréales oubliées, le collectif les met en avant à travers des expériences uniques. La première édition du dîner immersif en six temps, organisée avec soin par Fiona HOUSSOU et Sidicath DISSOU, responsables évenementiel, et sublimée par la cheffe Gloria Kabe, a fait voyager les convives entre tradition et modernité, grâce à la puissance des céréales africaines revisitées en cuisine afrovegan.

Les convives y ont voyagé au fil des assiettes, découvrant comment tradition et créativité peuvent dialoguer à partir des graines Funni.

Entre héritage culturel et procédés scientifiques, Funni s’impose ainsi comme un acteur qui veut révolutionner notre rapport à la cuisine : faire du repas un moment de transmission, de redécouverte et d’innovation.

Les jeunes Diaporas, gardiennes de racines vivantes :

Dans ce mouvement de transmission, le rôle des jeunes générations issues des diasporas est essentiel. Loin de leurs terres d’origine, elles portent pourtant en elles le désir de préserver un lien tangible avec leurs racines. La cuisine devient alors un terrain d’expression et de réinvention : un espace où l’on apprend, où l’on questionne et où l’on redonne vie à des traditions parfois menacées par l’oubli.

Voir émerger des projets comme Funni est une promesse d’avenir. C’est la preuve que l’héritage culinaire ne se fige pas dans le passé, mais qu’il continue de circuler, de se transformer et de s’adapter grâce à celles et ceux qui le portent aujourd’hui. Quand les jeunes de la diaspora choisissent de valoriser ce patrimoine, ils tissent des ponts entre générations, entre continents et entre identités.

Préserver la cuisine traditionnelle, c’est donc préserver un langage que l’on parle avec les mains et le cœur. C’est veiller à ce que les recettes, comme les récits, continuent de voyager, de s’adapter, mais jamais de s’éteindre.

Photographe : Anna Guillouard @annagld_


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