Dans un monde dominé par les institutions financières classiques, les tontines restent un pilier de la solidarité économique au sein des communautés africaines, asiatiques et caribéennes en France.
La tontine est un système d’épargne rotative où un groupe de personnes contribue périodiquement à une caisse commune. À chaque cycle, l’un des membres reçoit l’intégralité de la somme collectée, selon un ordre prédéfini ou tiré au sort. Tout repose sur une confiance mutuelle, une solidarité collective, et une gestion informelle mais rigoureuse des finances. Ce modèle répondait à des besoins fondamentaux : financer des projets, soutenir des familles ou organiser des événements culturels et sociaux.
Dans les diasporas, les tontines jouent un rôle central pour pallier l’accès limité aux services bancaires. Beaucoup de personnes, notamment les femmes, utilisent ce système pour :
- Financer des projets entrepreneuriaux (ouvrir un commerce, d’investir dans l’agriculture ou de développer une petite entreprise)
- Faire face à des dépenses importantes (mariages, funérailles, scolarité des enfants, ou construction d’une maison au pays d’origine)
- Créer une autonomie financière : particulièrement pour les femmes qui, dans certains contextes, ont un accès restreint au crédit ou aux ressources.
En France, les tontines trouvent un écho particulier dans les banlieues et les quartiers populaires où elles renforcent le tissu social et permettent de contrer l’exclusion économique. De plus, elles deviennent un outil d’intégration, car elles favorisent le partage de valeurs et d’entraide entre des membres d’une même communauté ou au-delà.
Elles répondent à des besoins souvent négligés par les banques avec des taux d’intérêt inexistants, puisque les contributions reviennent intégralement aux membres du groupe; une flexibilité d’accès, sans nécessité de garanties financières, de revenus fixes, ou de solvabilité prouvée; et un aspect communautaire qui valorise les liens sociaux et l’entraide, là où les banques se focalisent sur la rentabilité. C’est une bouée de sauvetage pour les populations marginalisées ou en situation de précarité.
L’émergence des technologies numériques a permis une modernisation des tontines, les rendant accessibles à un public plus large. De nombreuses plateformes en ligne, telles que LeLevier, Tontine.Plus, ou des applications spécifiques, digitalisent désormais ces pratiques. Malheureusement, cette expansion numérique risque d’être davantage surveillée ou réglementée par les autorités, ce qui pourrait en freiner l’usage.




