165 femmes ont été violées à Goma selon le Haut Commissariat des Droits de l’Homme depuis le 27 janvier 2025.
Le viol comme arme de guerre est une blessure qui marque les corps et les âmes bien après la fin des conflits. Il ne s’agit pas d’actes isolés, mais d’une stratégie délibérée pour terroriser, humilier et briser des populations entières.
Nankin, l’un des premiers viol de masse
Décembre 1937. L’armée japonaise envahit la ville chinoise de Nankin. Ce qui aurait pu être une simple occupation militaire s’est transformé en un massacre d’une brutalité inouïe. Pendant six semaines, les soldats japonais ont violé des milliers de femmes (bébés, enfants, adultes, personnes âgées).
Le viol à grande échelle n’était pas un effet secondaire du conflit : il faisait partie intégrante de la terreur imposée aux Chinois. Détruire les femmes, c’était briser les familles, anéantir la cohésion sociale et plonger la population dans un désespoir total. Ce drame est aujourd’hui reconnu comme l’un des pires crimes de guerre du XXe siècle.
Goma : une tragédie qui se répète
L’histoire semble se répéter, mais cette fois, en Afrique. Depuis des décennies, la région de l’est de la République Démocratique du Congo est ravagée par des conflits armés où les femmes paient un prix effroyable. À Goma, en particulier, le viol est devenu une arme de guerre utilisée par les groupes armés pour semer la terreur.
En janvier 2025, une évasion massive de prisonniers a plongé la ville dans un cauchemar. Des 165 femmes ont été enlevées, violées et certaines brûlées vives par des hommes en fuite suite à l’évasion de Muzenze. Depuis des années, les femmes congolaises subissent ces violences avec peu d’espoir de justice.
Un homme contre la barbarie : le Dr Denis Mukwege
Le Dr Denis Mukwege, gynécologue congolais, a fait de sa vie une mission : réparer les femmes blessées par la guerre. Dans son hôpital de Panzi, il soigne, reconstruit et accompagne celles qui ont survécu.
Il dénonce et interpelle les gouvernements et les institutions internationales pour que ces crimes cessent d’être considérés comme une fatalité. Son engagement lui a valu de nombreuses menaces dont une tentative d’assassinat en 2012 qui l’a forcé à quitter temporairement son pays. Son engagement lui a aussi valu une reconnaissance mondiale : Le prix Nobel de la paix en 2018.
Un drame ignoré par le monde
L’impunité règne, alimentant un cycle sans fin de violences. Les grandes puissances détournent le regard, les gouvernements préfèrent souvent éviter d’intervenir, et les victimes sont laissées seules face à leur douleur. Les médias couvrent ces atrocités de manière irrégulière, mais l’attention est souvent remplacée rapidement par d’autres crises.
S’informer et agir
Pour en apprendre plus sur ce sujet et soutenir les populations touchées, plusieurs canaux officiels et associations de confiance existent :
La Fondation Panzi, créée par le Dr Mukwege, qui vient en aide aux victimes de violences sexuelles en RDC
Médecins Sans Frontières (MSF), qui fournit des soins médicaux aux populations en détresse.
Human Rights Watch, qui enquête et dénonce les crimes de guerre, y compris les violences sexuelles.




