Depuis des décennies, ce conflit complexe, plonge la population dans une crise humanitaire alarmante. Avec des millions de déplacés et une aide suffisante, la communauté internationale peine à réagir efficacement. Cette escalade était-elle évitable ? Aurait-on pu anticiper et prévenir cette tragédie ?
Qu’est-ce qu’il se passe ?
Depuis 2021, la province du Nord-Kivu, à l’est de la RDC, connaît un regain de violences entre les forces gouvernementales et les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23). Depuis fin 2024, le groupe progresse vers le sud et s’empare des territoires, avec le soutien du Rwanda. L’état sécuritaire actuel du pays est le reflet de nombreuses années de conflits non résolus et qui ne cessent d’escalader.
Les combats se concentrent actuellement sur la ville de Goma et selon l’ONU, les combats dans la région ont fait plus de 400 000 déplacés depuis début janvier. Les tensions régionales sont également exacerbées par les accusations mutuelles entre la RDC et le Rwanda concernant le soutien aux groupes armés. Au niveau international, un cessez-le-feu immédiat est demandé et à une reprise du dialogue pour résoudre cette crise.
D’où part toute cette violence ?
- Des tensions liées au génocide Rwandais à la fin des années 90 créa les premiers conflits éthiques et d’intérêts entre les Rwandais et certains groupes accusés d’avoir participé au génocide et réfugiés en RDC.
- L’exploitation des richesses comme le cobalt, l’or, les diamants… Richesses convoitées par plusieurs profils : Le Rwanda et l’Ouganda, accusés de piller illégalement ces ressources en soutenant des groupes rebelles comme le M23. Ou encore les multinationales, qui ferment les yeux sur l’exploitation illégale pour continuer à s’approvisionner en minerais bon marché.
- De plus, depuis 1960, le pays est marqué par l’instabilité politique avec une difficulté de l’état à imposer son autorité au milieu de tous les groupes armés et de la corruption.
Les conséquences humaines
- 6,9 millions de déplacés internes
- Des milliers de civils tués ou violés
- Des millions de personnes en insécurité alimentaire
- Des hôpitaux surchargés et une aide insuffisante
Comment aider ?
- Face au silence des médias, il est absolument nécessaire d’utiliser les réseaux sociaux pour dénoncer et alerter
- Boycotter les entreprises exploitant les minerais du sang
- Ne pas négliger les mobilisations de groupe : pétitions, manifestations, initiatives communautaires
Est-ce que tout était prévisible ?
L’histoire a montré que les génocides ne surgissent pas du jour au lendemain. En fait, un certain nombre d’indicateurs peuvent souvent annoncer leur survenue bien avant qu’ils ne se produisent. C’est à partir de cette réalité qu’est né le projet Early Warning, une initiative qui vise à repérer les signes avant-coureurs de génocides pour permettre une action préventive. L’objectif est de sauver des vies en sensibilisant la communauté internationale à des risques existants et en fournissant des données concrètes qui pourraient servir à éviter de nouvelles tragédies humaines. Ce projet s’appuie sur des recherches scientifiques, des analyses politiques et des observations sur le terrain.
Le génocide est un phénomène complexe qui résulte souvent de l’escalade de discriminations, de violences systémiques et d’une politique de déshumanisation progressive d’un groupe donné. Dans de nombreux cas, les signes avant-coureurs sont visibles bien avant que la violence de masse n’éclate.
Selon le Early Warning les peuples les plus à risque étaient : les Ouïghours en Chine, Le peuple palestinien, Les Rohingyas en Birmanie, Le peuple kurde en Turquie et dans d’autres régions du Moyen-Orient et les civils en RDC.

Le rôle de la communauté internationale
Les réponses de la communauté internationale sont souvent lentes ou insuffisantes. La prévention des génocides repose sur la vigilance et l’engagement immédiat des nations à intervenir pour arrêter les régimes qui commettent des atrocités. Il existe des instruments légaux comme la Cour pénale internationale et des mécanismes diplomatiques, mais ces moyens sont souvent sous-utilisés ou entravés par des intérêts géopolitiques. Ainsi, le projet Early Warning, bien que précieux dans son rôle de détection précoce, dépend de la volonté politique des pays à prendre des mesures préventives concrètes avant qu’il ne soit trop tard.




