Du 10 janvier au 31 mars 2025, la marque présente l’exposition « Du Cœur à la Main » au Grand Palais à Paris. Cette rétrospective propose un voyage immersif à travers dix salles, dévoilant les inspirations derrière les créations emblématiques de Domenico Dolce et Stefano Gabbana. Un duo qui a marqué l’histoire de la mode pour certaines de ses créations époustouflantes, mais aussi pour ses nombreux scandales, notamment racistes ! On revient sur la polémique des boucles d’oreilles inspirées des Blackamoors, souvent débattues pour ses connotations coloniales. Entre hommage à l’artisanat italien et perception problématique, la pièce a divisé l’opinion.
Milan, Fashion Week Printemps-été 2023, la semaine est lancée, les défilés des différentes maisons s’enchaînent, les invités sont toujours de plus en plus prestigieux et les mannequins de plus en plus fines et élancées. Seulement cette année, les deux frères vont marquer les esprits avec leur nouvelle collection qui, au départ, était une ode à la Sicile.
Les looks s’enchaînent un à un, imprimés, courts, longs, quand soudain un détail éveillera par la suite une des plus grandes polémiques raciste de la maison. Ce sont tout d’abord des paires de boucles d’oreilles censées se fondre dans le dessin abstrait et chargé d’informations des looks du défilé qui lanceront les débats.

Elles seront tout de suite reliées aux Blackamoors – représentations stylisées d’esclaves vêtues de manière luxueuse, souvent dans l’art décoratif européen à l’époque coloniale. Apparaissant sous la forme de sculptures, de bijoux, de meubles etc.

Pour la marque, elles s’inspiraient tout simplement des têtes des Maures, représentant impossible entre une jeune sicilienne et un jeune maure – habitants arabo-berbères et musulmans d’Andalousie.Ils sont alors représentés majoritairement sous la forme de vases en céramique finement décorée et peinte à la main. L’esthétique choisie, notamment les visages foncés, et le contexte du luxe occidental, qui a suscité des critiques, entraînant une réinterprétation maladroite d’éléments culturels racistes.
Cette polémique s’est ajoutée à la longue liste des accusations d’insensibilité culturelle contre la marque. Pour beaucoup, elle symbolise l’exploitation des cultures marginalisées par l’industrie du luxe, sans respect ni reconnaissance.
Alors, peut-on séparer l’artiste de ses œuvres ? Peut-on apprécier leurs créations tout en condamnant leurs erreurs ?
Une chose est sûre, au Grand Palais, l’exposition est spectaculaire… mais elle cache une histoire bien plus complexe.

Kettal Yasmine




