Jean-Marie Lepen est mort, mais son héritage toxique demeure. Figure centrale de l’extrême droite française, il a marqué l’histoire par ses idées discriminatoires et son rôle dans la banalisation du racisme et de la xénophobie dans le monde politique. Alors, pourquoi on ne va pas pleurer Jean-Marie Lepen ? Parce qu’aujourd’hui, son parcours est indissociable d’une page sombre de notre histoire collective.

Un sentiment de soulagement, voire de jubilation est perceptible depuis l’annonce du décès de Jean-Marie Lepen. Ces réactions ne sont ni anodine, ni injustifiée. Elles découlent d’un rejet profond de l’héritage politique et moral qu’il laisse derrière lui, et pose la question : faut-il respecter la mémoire d’un homme dont l’idéologie a marqué des décennies d’exclusion, de haine et de division ? Spoiler Alert : non.

Certains prônent un respect de la mémoire même pour les individus les plus controversés, invoquant la nécessité de distinguer la personne de ses actes ou la décence face à la mort.

Mais cette posture universaliste ignore une dimension essentielle : toutes les morts ne sont pas ressenties de la même manière par ceux qui en subissent l’héritage.

Respecter la mémoire de Jean-Marie Le Pen reviendrait à minimiser les souffrances causées par ses paroles et ses actions. Ce serait demander aux victimes de ses idéologies d’adopter une posture de pardon, de tourner la page sans reconnaissance des torts subis. Or, le respect ne se décrète pas ; il se mérite. Et l’héritage de Jean-Marie Le Pen ne laisse que peu de place à une telle considération.

Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front National (aujourd’hui Rassemblement National), a incarné pendant des décennies une vision xénophobe, raciste et nationaliste de la société. Ses allocutions répétées contre les immigrés, les musulmans, les juifs ou les homosexuels ont laissé des traces indélébiles dans le débat public français. 

Le Pen n’a pas simplement été un provocateur isolé. Il a contribué à légitimer un discours d’extrême droite qui s’est progressivement banalisé en France. Il a offert un cadre institutionnel et idéologique à des mouvements porteurs de discriminations et de violences, dont les échos résonnent encore aujourd’hui dans la société et la politique française.

Se réjouir de la mort d’un homme ou de son influence ?

Le soulagement de sa mort exprime plutôt une rupture symbolique avec ce qu’il représente. Pour de nombreuses personnes, notamment celles directement visées par ses discours (immigrés, personnes racisées, minorités religieuses ou sexuelles), Jean-Marie Le Pen n’était pas un simple politicien à la retraite. Il incarnait une menace réelle pour leur dignité, leur place dans la société, voire leur sécurité. 

La mort de Jean-Marie Le Pen ne signifie pas la fin de l’extrême droite en France, ni l’éradication des idées qu’il a portées. Ces idées se sont enracinées, transformées et continuent de prospérer sous d’autres formes et d’autres figures politiques. Mais sa disparition reste une opportunité de réaffirmer un rejet clair et ferme de ce qu’il symbolisait.

Ansri Leïla


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